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rp test

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admin fonda (prosternez vous !) / tueuse à gages
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Localisation : en train de sacrifier une chèvre à la postérité.

MessageSujet: rp test Dim 11 Déc - 18:48

C'est une maladie fréquente, la pathologie du mensonge.

Amélie Nothomb, Antéchrista

Le diamant de sa voix était trop pur. Trop immaculée. Trop glacial et pourtant pas froid. La petite capricieuse se figea.
Déjà le gamin, sans se douter de la musicalité déchirante qu'il avait mises dans ces quelques vers, rompait sans état d'âme la magie et continuait sur son éternel ton ironique.

Les privilèges. Qu'est-ce qu'on en avait à faire, des privilèges, quand on s'appelait Antigone et qu'à treize ans on s'était retrouvée orpheline de mère, à devoir mendier dans les rues pour un père/demi-frère aveugle et rongé par la culpabilité jusqu'à la dépression. Certes, elle, elle n'avait pas connu l'Ennui ; elle n'en était pas pour autant reconnaissante à l'existence.

« Mallarmé, lui il avait compris la Beauté. J'espère que dans les Enfers je pourrais aller le voir et lui dire mon admiration. »

Puis sa voix, déjà brisée, se changea en murmure.

« J'aurais tant voulu qu'on m'admire. »

La flamme lui léchait encore le bras, obsédante. Ses oreilles bourdonnaient. Elle voyait encore les lèvres du petit garçon bouger mais n'y comprenait plus rien, ne saisissait aucun des mots qui lui était destinés. Elle sentit qu'il lui retirait la torche, mais n'avait plus assez de forces pour protester de quelque façon que ce soit. Elle avait utilisé ces dernières tout le reste de ressources qu'il lui restait encore ; et la marche sous la pluie, et l'angoisse ambiante, et toutes ces dernières heures avaient achevé de l'épuiser tout à fait.

Il fallait dire que depuis quelques temps elle ne se nourrissait plus suffisamment. Il suffisait de la regarder, elle était d'une finesse déchirante. Pas encore au stade où cela devenait laid, non ; mais elle en était à la frontière. Manger ne présentait pas grand intérêt à ses yeux, et elle n'en tirait nulle satisfaction, au contraire. Il lui semblait bien plus beau de sentir la peau de son ventre se tendre un peu plus chaque jour, dans le bon sens, et son corps protester de plus en plus faiblement contre le manque d'apports énergétiques. Tout du moins était-ce intéressant : elle avait passé des années à rechercher de la nourriture pour elle et son père sans se poser de questions, pour survivre, et du jour où le pain ne lui avait plus été compté, elle s'était mis à le fuir. La logique humaine...

Quoiqu'il en soit, elle était à présent en train de perdre le contrôle et une vague noire la rattrapait, lui ôtait tout discernement.
Pour parler plus vulgairement, en plus de tous les autres maux, plus spirituels ceux-là, qui s'abattaient sur elle, elle était en hypoglycémie. Une hypoglycémie chronique cependant, et en cet instant certainement assez avancée. Aligner deux phrases cohérentes dans les conditions physiques et mentales dans lesquelles elles se trouvait aurait certainement relevé de l'exploit.

« Je crois (sa voix rauque la surprit elle-même), je crois que tu as raison. Mais je ne peux pas m'empêcher de croire tout de même à toutes ces histoires, ces théories, ces divagations que j'ai construites pendant mes heures de vague à l'âme. En fait, je crois que je cherche juste à faire mon intéressante tu sais. Je peux bien te le dire à toi, je n'ai aucune idée de qui tu es et de toute façon comme tu me l'as rappelé je vais mourir dans quelques heures, si j'ai de la chance. »

Elle se mordit la lèvre inférieure du plus fort qu'elle pût mais cette fois-ci, elle ne put retenir le sanglot qu'elle sentait monter depuis un moment déjà. Il la prit depuis les tréfonds de son être et ce fut tout son épuisement que le bambin put observer en train de secouer la condamnée.

Ses membres ne la soutenaient plus. Au moment où son esprit virait à la démence, son corps également rendait les armes, et elle s'effondra au sol, possédée par des sanglots qu'elle ne pouvait pas maitriser, ce qui la rendait encore plus folle, elle qui en cessant de se sustenter avait voulu maitriser son corps.

Puis même les involontaires soubresauts finirent par se calmer ; ils avaient tout de même besoin d'énergie pour avoir lieu, il n'y en avait plus. Tout avait été pompé, jusqu'à la dernière goutte. Quand elle put de nouveau respirer normalement -c'est à dire en fait difficilement, dans cet espace clos qui commençait à l'étouffer depuis que la température avait monté- elle était allongée sur le dos, à même le sol, sans pouvoir ne serait-ce qu'envisager de se relever. Un instant elle se demanda même si elle aurait la force de faire fonctionner ses cordes vocales.

« Tout ceci est parfaitement ridicule," prononça-t-elle difficilement. "Et convenu. Les dernières confessions de la princesse capricieuse dans sa tombe à un parfait inconnu... [Insérer ici un petit rire jaune.] Comment es-tu rentré d'ailleurs ? ... Et qui es-tu ? »

Elle attendit un peu ; puis elle reprit.

« Et pendant que nous en sommes aux confessions, autant que quelqu'un sache deux-trois vérités à mon sujet que personne d'autre ne connait.
Je n'aimais pas mon père. J'ai déjà fait plusieurs tentatives de suicide. Et je ne suis pas vierge, contrairement à ce que tout le monde imagine.
»
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